Transformations de l’entreprise innovante

Responsables de l’axe : Blanche Segrestin & Florence Charue-Duboc

L’innovation – notamment dans les technologies de l’information et de la communication – bouleverse continuellement l’organisation des entreprises, leurs frontières et les marchés dans lesquels elles opèrent. Les équipes d’I3 ont des compétences qui permettent de développer des recherches dans trois directions :

1. Gouvernance des entreprises innovantes.

Cette thématique porte sur les nouvelles formes d’entreprise, la créativité organisationnelle, et sur les principes de gouvernance adaptés aux enjeux contemporains. Il repose sur la conjonction de deux constats : d’une part, l’entreprise classique connaît de multiples remises en cause, notamment autour de la dimension projet, et d’autre part de nouvelles formes de coopération créatrices de valeur apparaissent. Les théories classiques de l’entreprise se révèlent inappropriées face à ces changements, car elles ne rendent pas compte des dynamiques de conception collective. Il y a donc un enjeu à renouveler les cadres théoriques, y compris ceux qui ont diffusé dans les dispositifs normatifs, pour proposer des principes d’organisation et de gouvernance cohérents avec les enjeux de création collective. L’objectif est de dégager de nouveaux principes, y compris juridiques, pour soutenir l’entreprise innovante. Cette problématique cherche à renouveler l’approche de l’entrepreneuriat et celle des formes organisationnelles nouvelles que sont les start-ups.

2. Nouvelles communautés de l’innovation.

L’internationalisation de la R&D dans les grandes entreprises impose de faire collaborer des individus issus de cultures multiples et des communautés aux ingénieries différentes. Après une première série de travaux menée en partenariat avec des grandes entreprises automobiles, il s’agit de mener des comparaisons intersectorielles, destinés notamment à discuter les modèles récents d’ « entreprise transnationale » et de « management de l’innovation globale »  pour évaluer les effets de cette internationalisation sur l’organisation des métiers et pour proposer de nouveaux modèles de gestion des compétences. En outre, les nouvelles logiques de « l’open innovation » viennent bousculer les métiers traditionnels de l’innovation. La conception de logiciels en open source par exemple s’appuie sur des communautés fluides dont le fonctionnement répond à des règles de coordination et de cohésion inédites qui s’organisent autour de la conception de ces objets techniques et de principes partagés. Etudier ces règles et l’organisation de ces communautés d’innovation constitue une deuxième série de travaux  développés dans le cadre de l’institut.

3. Entrepreneuriat et start-ups innovantes.

Ces questions ont fait déjà l’objet de nombreux travaux dans les équipes réunies. Il s’agira de  les articuler de façon  nouvelle en complétant les approches classiques de l’entrepreneuriat par les enseignements venus de l’étude des activités de conception et de la gestion des  projets innovants.  Cette jonction devrait permettre de mieux analyser les start-ups à fort contenu innovant dans la mesure  où elles sont confrontées  à deux régimes d’exploration simultanée (ce qui n’est pas le cas des entrepreneuriats classiques).  Ces travaux  bénéficient des matériaux d’observation fournis par les grands incubateurs prévus dans les IDEX  auxquelles les équipes concernées sont associées.