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Jérôme Denis | ||||||
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Maître de conférences en
sociologie |
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Mes recherches prennent place au
croisement des Science and Technolgy Studies,
de
l'anthropologie de l'écrit et de la sociologie pragmatique
du
travail. Elles visent à souligner l'épaisseur pratique et politique des
infrastructures informationnelles qui sont le socle, généralement
invisible, des sociétés
contemporaines
Une grande partie de mes travaux sont menés en collaboration avec David Pontille. Smart Cities, Villes connectées, Open Data : l'écologie informationnelle des
espaces publics
Équipées par un nombre toujours plus grand de
technologies de l'information, les villes sont en profonde mutation. À
côté des discours prophétiques qui annoncent sur un ton critique ou
optimiste une révolution technologique qui modifierait la nature même
des espaces publics, il est utile de développer des travaux académiques
qui inscrivent des enquêtes empiriques approfondies dans la tradition
des discussions théoriques à la croisée des Urban Studies et des Sciences and Technologies Studies.
Mes recherches récentes adoptent cette perspective, en partenariat avec des entreprises innovantes, ou des collectivités. Elles portent notamment sur les pratiques de cartographies participatives, la production de données en back-office des services urbains et les initiatives d'open data, ou encore les politiques de régulation des formes d'affichages publics. Back-office et infrastructures
scripturales
L'idée
de « société de l'information » est souvent associée aux métaphores de
la fluidité, de
la transparence et de l'immatérialité. L'usage répété et
non
questionné de ces termes masque toutefois les conditions concrètes qui
permettent
effectivement la circulation accrues d'informations.
Récemment, des travaux ont porté sur ces infrastructures
informationnelles, soulignant d'une part leur dimension politique et
d'autre part leur épaisseur sociale.
Les règles et leur
disponibilité au travailDans le sillage ces analyses, mes recherches portent sur le travail d'entretien et de production de données ou d'informations effectué en coulisses des services associées aux technologies de l'information et de la communication. Elles explorent les formes de son organisation, l'activité de ceux qui l'accomplissent, ainsi que les différentes modalités de son invisibilisation. Elles questionnent également des propriétés matérielles des dispositifs informationnels peu étudiées jusqu'ici, en se focalisant sur les activités de maintenance, de nettoyage et de réparation, dans des domaines aussi variés que la signalétique du métro, la sécurité informatique, ou les systèmes d'information et de traçabilité financière. L’étude des
règles au travail
s’est profondément enrichie depuis quelques
années. Deux perspectives de recherche se sont notamment
développées. L'une consiste
à interroger les règles dans leur
matérialité en prenant au sérieux leur
caractère scriptural. L'autre invite à prendre la
mesure politique de la production des règles,
toujours
collective. Épaississant en
quelque sorte l’action, ces perspectives permettent de sortir
du carcan
exclusivement phénoménologique de la posture
ethnométhodologique, tout en maintenant le centrage de
l’analyse sur
l’endogénéité de
l’ordre social. Mais elles présentent aussi un
risque non négligeable : celui de contracter à
nouveau l’analyse en reportant
l’exclusivité radicale de
l’ethnométhodologie sur les règles
comme objets scripturaux stabilisés.
Tout se passe trop souvent comme si, dès lors qu'elle est incarnée dans un document, la norme y était effectivement déposée, figée une fois pour toute. Il y a alors un risque à vouer l’ensemble des actions qui suivent l’écriture normative à être étudié comme extérieur à la règle « en tant que telle », sous la forme de l'interprétation, de l’appropriation ou du détournement. On retrouve cette opposition dans la distinction entre travail prescrit et travail réel qui s’appuie souvent sur une vision trop pauvre de la prescription en lui refusant toute forme de « réalité ». Mes recherches dans le domaine cherchent à comprendre comment les règles peuvent être des ressources concrètes pour l’action. Pour cela, elles s'appuient sur l'observation des règles dans leurs manifestations les plus ordinaires, explorant les manières dont elles sont énoncées, exposées et mises à disposition. Thèmes annexes
Travaux en sociologie
économique sur l'activité de distribution
audiovisuelle autour des enjeux de visibilité des acteurs
collectifs sur les scènes marchandes.
Travaux en sociologie des organisations sur les relations entre collaboration, division du travail et usages des technologies de l'information et de la communication
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