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Jérôme Denis | ||||||
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Maître de conférences en
sociologie |
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Mes recherches prennent place au
croisement de
l'anthropologie de l'écrit et de la sociologie pragmatique
du
travail. Elles visent à souligner la place primordiale des
pratiques d'écriture et de lecture dans les mondes
professionnels
et à interroger les enjeux complexes qui les traversent au
moment où l'information et
la connaissance sont désignées comme des
éléments constitutifs des
sociétés
contemporaines.
Les règles et leur
disponibilité au travail
L’étude des
règles au travail
s’est profondément enrichie depuis quelques
années. Deux perspectives de recherche se sont notamment
développées. L'une consiste
à interroger les règles dans leur
matérialité en prenant au sérieux leur
caractère scriptural. L'autre invite à prendre la
mesure politique de la production des règles,
toujours
collective. Épaississant en
quelque sorte l’action, ces perspectives permettent de sortir
du carcan
exclusivement phénoménologique de la posture
ethnométhodologique, tout en maintenant le centrage de
l’analyse sur
l’endogénéité de
l’ordre social. Mais elles présentent aussi un
risque non négligeable : celui de contracter à
nouveau l’analyse en reportant
l’exclusivité radicale de
l’ethnométhodologie sur les règles
comme objets scripturaux stabilisés.
La principale difficulté réside dans la tentation qui consiste à détacher la règle de toute activité ordinaire. Tout se passe trop souvent comme si, dès lors qu'elle est incarnée dans un document, la norme y était effectivement déposée, figée une fois pour toute. Ce mouvement relève d'un formalisme naïf qui prête aux documents écrits une toute puissance qu'ils n'ont pas. Il voue l’ensemble des actions qui suivent l’écriture normative à être étudié comme extérieur à la règle "en tant que telle", sous la forme de l'interprétation, de l’appropriation ou du détournement. On retrouve cette opposition dans la distinction entre travail prescrit et travail réel qui s’appuie souvent sur une vision trop pauvre de la prescription en lui refusant toute forme de “réalité“. Si l’on cherche à comprendre comment les règles peuvent être des ressources pour l’action, il faut l’abandonner et s’attacher à observer les règles dans leurs manifestations les plus ordinaires, c'est-à-dire à étudier les manières dont elles sont exposées et mises à disposition. L'écologie graphique des
espaces publics
Pour décrire
l’avènement des
nouvelles technologies de l’information et de la
communication,
deux éléments sont souvent mis en avant : le
caractère personnel des outils et leur
portabilité. La
première souligne les enjeux d’appropriation et
d’interaction
« homme/machine », tandis que
la seconde renvoie à l’émergence de
nouvelles
formes de mobilité. Si ces dimensions sont essentielles,
elles
ne doivent cependant pas éclipser les transformations que
les
environnements eux-mêmes ont connues. La
société de
l’information prend aussi corps dans des dispositifs
informationnels ouverts, inscrits durablement dans des lieux que nous
traversons quotidiennement. L’espace public est, en grande
partie, constitué de ce type de dispositifs, qui
s’appuient sur des technologies d’affichage
très
différentes. Leur conception, leur installation et leur
maintenance soulèvent des enjeux organisationnels,
économiques et politiques complexes. Ils posent notamment le
problème de la régulation des instances
énonciatives dans les lieux publics. L'analyse de ces
processus
permet de comprendre les conditions concrètes de la
performation
graphique des espaces publics.
Back-office et infrastructures
scripturales
Les
termes information et communication,
associés au
qualificatif immatériel, sont devenus des allant de
soi
pour dépeindre notre monde où informatique et
télécommunications ont profondément
transformé la forme et le rythme des échanges.
S’ils permettent de rendre compte des formes de valeur qui
émergent du maillage toujours plus fins des
réseaux
sociotechniques, leur usage répété et
non
questionné risque toutefois de laisser de
côté,
voire de masquer, les conditions concrètes de fonctionnement
de
ce que l’on appelle communément la
“société de
l’information”. Du
côté des usages des technologies de
l’information et
de la communication, de très nombreuses études
ont
déjà souligné le caractère
complexe des
formes d’appropriation et
d’interprétation, et les
nombreux ajustements qui nourrissent leur manipulation en situation.
Mes récents travaux, en collaboration avec David Pontille, opèrent un déplacement de perspective afin d'analyser le rôle des travailleurs invisibles de la société de l'information. L'enjeu est de mettre en lumière deux types d'activités souvent négligées : la production et la maintenance. TIC, organisations et coordination
Dans le monde des services, comme
dans le monde de
l'industrie, l'organisation même du travail est
étroitement associée à l'implantation
ou la
reconfiguration de différents dispositifs technologiques.
Cela
est particulièrement flagrant dans la cas des
démarches
managériales inspirées de la démarche
"lean".
Une partie de mes recherches se focalisent sur les conditions concrètes de la mise en place de ce type de démarche, tout particulièrement dans les services. Comme pour d'autres objets (par exemple la sécurité informatique), l'enjeu est de comprendre comment des technologies sont déployées pour équiper des processus organisationnels (du management, mais aussi de la coordination "horizontale"). Cela permet plus généralement de mettre en lumière la pluralité des figures de la solidarité sociotechnique qu'ils composent. Thèmes annexes
Travaux en sociologie
économique sur l'activité de distribution
audiovisuelle autour des enjeux de visibilité des acteurs
collectifs sur les scènes marchandes.
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